10/02/2009 - Vincent Peillon : "Tout cela est très inquiétant"
Vincent Peillon était hier matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin (BFMTV, RMC). Voici ci-dessous une synthèse des propos qu'il a tenus.
Jeudi soir, Nicolas Sarkozy s'est montré sous un jour très inquiétant. Incapable de s'élever à la hauteur de sa fonction, ce n'était pas le chef de l'Etat que nous écoutions, ni le Président de tous les Français : c'était un chef de clan.
Certes nous avons appris qu'il se décidait enfin à rencontrer les syndicats. Mais pourquoi avoir attendu tant de temps et pourquoi attendre encore le 18 février ? Il fallait le faire tout de suite, dès le 1er plan de relance. Et face à une crise aussi importante, il fallait - comme nous le demandions - consulter non seulement les partenaires sociaux mais aussi l'opposition parlementaire ou encore les collectivités territoriales, qui représentent 75% de l'investissement public en France.
Des annonces présidentielles, tout n'est cependant pas à rejeter. Ainsi, l'automobile génère 10 % des emplois en France et ce serait un désastre dans nos régions, si les constructeurs et leurs sous-traitants venaient à rencontrer d'encore plus grandes difficultés. Il faut donc les aider et soutenir la filière automobile. Mais Nicolas Sarkozy, encore récemment Président de l'UE, a-t-il pour autant besoin d'employer ce ton nauséabond, de faire preuve de cette agressivité invraisemblable vis-à-vis des Tchèques, des Anglais, des Américains ?
De même, un Président de la République ne peut s'exprimer dans cette confusion totale sur les chiffres et les propositions, dont certaines - comme la suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu - ont déclenché un vent de panique dans les services du Ministère de l'économie et des finances.
Nicolas Sarkozy doit abandonner sa conception solitaire et autoritaire du pouvoir, pour réaliser l'Union nationale.
***
Vincent Peillon s'est ensuite exprimé sur d'autres sujets tels que le nécessaire rassemblement au Parti Socialiste, en faisant le vœu que la semaine qui s'annonce soit celle de la "clarification", ou encore sur le week-end étonnant qui a vu le NPA et le MODEM tenir des discours paradoxalement assez proches, en critiquant un peu Nicolas Sarkozy ... et beaucoup le PS.
Vincent Peillon a enfin milité pour une "alternance" au niveau européen, rappelant que, dans le cas des scrutins à un tour que sont les élections de juin prochain, "la seule solution" pour battre la droite actuellement aux commandes de l'Europe, "c'est le vote socialiste".