14/01/2010 - Réaction aux voeux du Président de la République au monde agricole : Les promesses et des bonnes intentions ne constituent pas une politique à la hauteur de la crise qui frappe les agriculteurs

Face à la crise terrible qui frappe les agriculteurs, la compassion, les promesses et les bonnes intentions ne sont plus de mises. Ce n’est pas de discours dont les agriculteurs ont besoin mais de mesures fortes et efficaces.
Après un plan dit « d’urgence » du 27 Octobre, sans effet, le gouvernement présente un projet de loi « fourre tout » et comme par hasard cette semaine, sans doute pour tenter d’apaiser la colère du monde agricole juste avant les vœux du Président.
Ce texte incomplet, mal ficelé, n’apporte aucune réponse durable et efficace à la crise sans précédent que traverse le monde agricole. Il révèle, comme le discours de vœux du Président, une vision libérale de l’économie agricole et aucune volonté réelle de régulation.
Un exemple : face aux écarts inacceptables entre les prix payés par les consommateurs et les prix à la production, seules la mise en place de données publiques et transparentes, et la création d’un cœfficient multiplicateur permettraient une répartition plus équitable de la valeur ajoutée entre fournisseurs et distributeurs. Par ailleurs, la proposition de mise en place d’un fonds national des risques représente une évolution vers des dispositifs assurantiels privés. Ce qu’il faut, c’est la mise en place d’un fonds de compensation public et d’une caisse commune assurant la péréquation et permettant aux agriculteurs de verser, les bonnes années, ce qui leur servira lors des années plus dures.
Le Ministre de l’agriculture se contente de réclamer des outils d'intervention "puissants et flexibles" !!! Paroles, paroles….Il ne suffit pas de rappeler que l’agriculture est une part de notre identité nationale, encore faut-il l’accompagner et la soutenir…
Ces textes et ces discours compatissants, ne constituent pas une politique agricole à la hauteur des enjeux. Ils ont pour seul objectif de tenter de récupérer une catégorie d’électeurs déçus à la veille des élections régionales.
Le Grand soir du monde agricole n’est visiblement pas pour demain. Pourtant, l’agriculture est une base de notre économie, une de ses racines. Si la racine est malade, c’est le reste de l’arbre qui se meurt.
Communiqué de François REBSAMEN



