Grand débat EAG : Redonner une ambition à l'école publique

A l'occasion de la sortie du livre de Vincent Peillon "Peut-on améliorer l'école sans dépenser plus ?" et à l'approche du rassemblement du  novembre à Dijon, L'Espoir à Gauche vous invite à participer à un grand débat en ligne sur l'éducation.

 

Dans son ouvrage, Vincent Peillon propose une profonde réforme de l'école qui définit un autre rapport de la France à sa jeunesse et à ses inégalités. Trois convictions fondent la réflexion qu'il nous soumet.

 

La première conviction, c'est qu'après la réforme fondatrice de Jules Ferry, au début de la IIIème république, celle de Wallon, en 1945, la France et la république doivent conduire une troisième grande réforme de l'école. La crise de l'identité nationale que nous connaissons, car il y en a bien une, est une crise de l'école. On s'est égaré en allant chercher l'origine de cette crise dans l'immigration : la France va mal parce que son école ne va pas bien, l'école se porte mal parce que la république ne lui accorde pas la considération nécessaire, ni à ce qui est inséparable de l'école républicaine : les savoirs,  l'esprit critique et la formation citoyenne.

 

Une deuxième conviction en découle : l'école, c'est une question de finalité avant d'être une question de moyens. L'alternative qu'on nous propose est une double impasse : diminuer toujours les moyens (à droite) ou toujours les augmenter (à gauche), sans définir les finalités et sans modifier le fonctionnement de l'école. Cette logique, comptable d'un coté, budgétaire de l'autre, ne peut améliorer la « performance » de l'école, elle est au contraire contre-performante. On doit lier l'évolution des moyens à celle du fonctionnement de l'école, du métier d'enseignant, du temps et du contenu de l'enseignement aux élèves. Car à la conception actuelle du temps scolaire est étroitement associée une méthodologie et une pédagogie de l'enseignement, qui doit elle aussi changer.

 

Troisième conviction : ce manque de considération de la république pour la formation de la personne et du citoyen, couplé aujourd'hui au primat de la logique comptable, aboutit à des dysfonctionnements et des gâchis majeurs à l'école, bien connus de tous, auxquels les réformes successives, non seulement n'ont pas remédié, mais qu'elles ont très souvent aggravés. Du coté des élèves : des journées trop longues, trop peu de jours et de semaines d'enseignement annuel. Avec pour conséquence, un échec scolaire important avant le bac, puis un échec universitaire massif dans le premier cycle. Du côté des enseignants, des rémunérations trop basses et des conditions de travail difficiles. Avec à la clef un sentiment d'abandon, qui correspond à la réalité d'un abandon.

 

Le « pacte de confiance entre la Nation et ses enseignants », que propose Vincent Peillon, repose donc sur une négociation globale liant revalorisation de la profession, redéfinition du métier d'enseignant, refonte du temps et des contenus d'enseignement pour les élèves. L'augmentation du temps de présence des enseignants dans les établissements répond à la diversification nécessaire de leurs tâches (qui est déjà une réalité). Diversification qui comprend d'abord leur formation continue pédagogique et disciplinaire (aujourd'hui négligée et inadaptée), mais aussi le tutorat d'autres enseignants et d'élèves ainsi que l'aide individualisée, la concertation avec les autres acteurs de l'école, la réception des familles, l'aide à l'orientation (essentielle dans la lutte contre les inégalités).

 

Comment faire pour ne pas avoir en France les enfants « les plus apeurés d'aller à l'école », dans un système qui fonctionne à la sélection par l'échec et qui reproduit trop souvent les inégalités d'origine ? « Il y faudra des moyens, conclut certes Vincent Peillon, mais aussi des valeurs, un esprit et une pédagogie ». C'est cela un « projet national, politique et humain » pour l'éducation.

 

Réagissez, contre-proposez et livrez-nous vos témoignages de parent, d'enseignant, de personnel, ou même d'élève en cliquant ici...

 

L'équipe de l'Espoir à Gauche

 

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