27/01/2010 - Conférence des déficits publics : le nouvel alibi de Nicolas Sarkozy pour condamner les collectivités. Par François Rebsamen

Pour la première fois de l’histoire de la République moderne et malgré une croissance positive prévue de plus de 1% en 2010, le déficit de l'Etat atteindra 150 milliards d'euros cette année, un sinistre record jamais atteint depuis 60 ans.
La dette de l'Etat explosera à plus 80 % du PIB. Pour quels résultats ? Prés de 3 millions de chômeurs et plus de 8 millions de français vivant en dessous du seuil de pauvreté !
Que fait Nicolas Sarkozy ? Il organise à l'Elysée une conférence sur les déficits publics. Encore une opération de communication, une tentative de trouver un alibi et des boucs émissaires en y convoquant les partenaires sociaux et les collectivités territoriales.
Non content de déstabiliser celles-ci par une réforme inappropriée, de les priver de ressources par la suppression de la taxe professionnelle, Nicolas Sarkozy voudrait à présent leur faire porter la responsabilité des déficits publics.
Eric Woerth n’hésitait pas cette semaine à demander aux collectivités locales de supprimer des postes de fonctionnaires dans les services publics locaux, tentant de masquer l’incurie de la gestion injuste et laxiste envers les plus aisés du gouvernement.
Il n’y a pas d’un côté un Etat fourmi et de l’autre des collectivités cigales ! Au contraire. Stigmatisation et manipulation, voilà la gouvernance de Nicolas Sarkozy.
Ce que doit faire Nicolas Sarkozy c'est abandonner son dogmatisme coupable et renoncer au bouclier fiscal pour assurer la nécessaire justice entre les contribuables.
Cette faute originelle, est encore plus grave en période de crise. Elle prive l'Etat des ressources qui lui manquent cruellement, handicapant encore un peu plus l’avenir de notre pays.
Les français ne sont pas dupes de ces manœuvres et confirmeront leur confiance à leurs élus locaux lors de prochaines élections régionales.



